GLIERES: Où est l’insulte ?

GLIERES: Où est l’insulte ?

Vandalisme ignoble, dégradation inacceptable, insulte, déclame le député-maire Bernard Accoyer.

Stupéfaction, consternation, acte odieux, atteinte aux valeurs emblématiques de la Haute-Savoie, vocifère le président du Conseil départemental Christian Monteil.

Consternation, indignation, scandale, s’étrangle le général Jean-René Bachelet.

Profanation, pense Monsieur Victor, promeneur.

« On ne savait pas », reconnaît Monsieur Michel, touriste normand.

Que de réactions épidermiques à chaud, sans beaucoup de réflexions, pour une croix de Savoie admirablement reproduite sur le disque solaire de ce monument, situé dans le Genevois, l’une des six provinces de la Savoie, commémorant la résistance savoyarde. Monument imaginé par le sculpteur d’origine italienne (duché de Mantoue), Émile Gilioli, qui a suivi les cours de l’École des Arts décoratifs de Nice, ancien État de Savoie.

Ce disque solaire aux couleurs de la Savoie, dont chacun peut être fier, n’était-il pas l’aboutissement logique de ce que ce monument aurait dû représenter dès son origine ?

Et les habitants de la Savoie, qu’en pensent-ils ? On peut en avoir une idée en lisant la lettre ouverte de Madame Viviane Koller, fille de résistant savoyard, à M. Accoyer et au colonel J.-R. Bachelet : « Mon père Charles Koller, membre de l’armée secrète de la Chapelle-Rambaud, et ses camarades des Glières auraient été fiers de voir la croix de Savoie ainsi que la devise « vivre libre ou mourir » le jour où celui-ci [le monument] a été inauguré […] » ou : « […] le monument aurait dû impérativement avoir la croix de Savoie […] ».

Mais comme le rappelle Madame Koller, rien n’a été demandé aux Savoyards concernant ce monument, son emplacement et le symbole qu’il allait véhiculer. Comme d’habitude, les Savoyards n’ont pas leurs mots à dire, et on leur a imposé ce qui est devenu un mythe : une « roche de Solutré sarkozienne ».

C’est d’ailleurs là un des points du programme de 100% Savoie : redonner enfin leurs voix aux habitants de la Savoie dans une Savoie émancipée.

Il est tout de même curieux que les médias de la Savoie ne s’intéressent qu’aux réactions négatives et ne contrebalancent pas leurs investigations journalistiques par les nombreuses réactions positives, hormis le Faucigny, qui semble être le seul à avoir osé publier la lettre ouverte de Madame V. Koller.

Si nos élus et responsables aux réactions épidermiques tenaient un peu compte de la sensibilité des habitants de la Savoie, ils feraient flotter une belle et grande bannière carrée de la Savoie au côté du monument des Glières et au cimetière de Morette pour enfin honorer la résistance et les morts savoyards. Ainsi cet « acte de vandalisme insoutenable » ne se serait certainement pas produit. Cette bannière a d’autant plus de raison d’être que ce sont les Savoyards eux-mêmes qui, avec l’aide des parachutages anglais d’armes et de matériel, notamment sur les Glières, ont libéré leur pays, comme le scandait alors quotidiennement les radios de Londres : « Trois pays résistent en Europe : la Grèce, la Yougoslavie, la Haute-Savoie », ce qu’a rappelé André Malraux dans son discours aux Glières du 2 septembre 1973, le jour de l’inauguration de ce monument.

Monsieur Michel, touriste normand, résume très bien la situation : « On ne savait pas » ! Combien de Savoyards et d’élus savoyards savent ce qui s’est réellement passé sur le plateau des Glières, ou connaissent d’une manière générale l’histoire de la Savoie ?

Et si à la place de cette glorieuse croix de Savoie, une belle cocarde bleu-blanc-rouge était soudainement apparue sur le disque ? Est-ce que nos responsables auraient eu les mêmes réactions virulentes et empressées ? Auraient-ils dépensé aussi rapidement autant de notre argent pour re-grisailler ce monument ?

Pour conclure, un petit jeu :

Cherchez l’intrus :

  

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